Histoire de toit, histoire de mois
Les travaux actuels s’attachent plus particulièrement à la réhabilitation de la toiture et des corniches du Château. Contrairement au projet initial de 1993, où il avait été envisagé de restituer l’état Renaissance de la toiture et de recréer les tourelles aux extrémités de la façade occidentale, cette restauration vise à conserver l'état existant de la couverture et des lucarnes du XIXème siècle.
Premiers travaux, entre évocation et restitution
Le réveil du Grand Jardin est dû aux efforts de Raymond Hanin, alors président du Conseil Général, qui convainc ses collègues de racheter le domaine au nom de la collectivité locale (1981). Il est décidé, avec les autres collectivités publiques, d'entreprendre une rénovation exemplaire, qui redonne au château et au jardin leur lustre ancien.
L'architecte Jean-Michel Musso entreprend un vaste chantier qui durera dix ans. Le château est consolidé et vidé de tous les niveaux intermédiaires qui avaient été créés au fil des siècles. Le maître d'œuvre restitue sur un seul niveau sa structure fondamentale : une grande salle des fêtes, l'emplacement des locaux semi-privés (chambre, antichambre, garde-robe) et la petite chapelle Saint-Claude. Sous le toit les combles restent vides, et la cave conserve ses services, notamment sa " grande cuisine ".
Pour les extérieurs, l'architecte redessine un vaste jardin formel de type " Renaissance " à mi chemin de l'évocation et de la restitution. S'appuyant sur des documents anciens, il redistribue les espaces autour des circuits aquatiques, remettant en eau une partie des douves qui avaient été comblées. Il s'inspire de sources littéraires contemporaines tel le fameux " Songe de Poliphile " de Francesco Colonna (1544) , pour réaliser, dans le style des illustrations de l'époque, un berceau de charpente et un petit cabinet de verdure. Il choisit de redonner aux fruitiers la place qui était la leur à Joinville comme dans de nombreux jardins européens du XVIe siècle. La réalisation d'une orangerie est repoussée à plus tard. Quant aux massifs fleuris, ils évoquent aussi bien la Renaissance que les deux siècles qui vont suivre, jusqu'à ce que la mode du parc à l'anglaise finisse par s'imposer.
Le parc romantique
Une seconde campagne (2002/2003) concernant cette fois le parc "romantique", est confiée au paysagiste Marc Lechien ; elle permet de redessiner les allées et d'enrichir les sous-bois qui témoignent de l'évolution de la mode des jardins à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, quand les Salin-Capitain, maîtres de forges, étaient propriétaires. Des sculptures en fonte coulées à Dommartin-le-Franc et le mobilier ont été replacés, témoignant de la tradition métallurgique locale attachée aux vallées de la Blaise et de la Marne.
2007, toiture du château, restitution XIXe
La charpente va être totalement restaurée à l'issue d'une dépose quasi générale. La couverture sera reproduite en totalité en ardoises, les planchers intérieurs bois vont être restitués et les menuiseries des lucarnes seront refaites en totalité pour accepter une clôture par vitraux à bornes et navettes. Enfin, la totalité des corniches sculptées sera restaurée avec compléments de pierres de tailles et sculptures neuves.
La restauration des enduits de la grande salle du rez-de-chaussée, qui n'avaient pas été achevés lors de la dernière campagne de restauration, devrait également être terminée dans la présente campagne en reprenant le même parti d'enduit à fausse coupe de pierre. Enfin, ces travaux amélioreront les conditions de sécurité nécessaires dans les combles qui pourront être, à terme, partiellement visitées par le public.
L'édifice restera accessible au public durant tout le temps de ces travaux, à savoir 18 mois.
Albums photos
Juin 2007 : mise en place des échafaudages
Jusqu'au 15 juillet 2007 le château est progressivement recouvert d'échafaudages , pour disparaitre presque entièrement au yeux des visiteurs, ce n'est que le début d'un long procéssus de restauration.

