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Nicolas Bouvier

L'oeil du voyageur

Exposition de photographies du 29 février au 20 avril 2008.

Nicolas Bouvier (1929-1998) représente à lui seul le mythe du "grand voyageur". En 1953, à l'âge de 23 ans, nourri de ses lectures et de ses rencontres avec de grands écrivains, il quitte Genève, au volant d'une vieille Fiat Topolino pour mettre le cap sur l'Asie. Avec son ami peintre, Thierry Vernet, il traverse les Balkans, la Grèce, l'Anatolie, pour rejoindre l'Iran, l'Afghanistan et l'Inde. Trois années d'errances, de découvertes et de rencontres qu'il relatera notamment dans L'usage du monde, récit lumineux qui rompt avec les traditionnels récits de voyage.

Il ira ensuite à Ceylan (Le poisson-scorpion), aux Philippines, puis au Japon. Il y décèle un pays en plein mouvement qui le fascine. Il en tirera Japon, qui deviendra Chronique japonaise après un troisième séjour en 1970 et une réédition complétée. Suivront d'autres voyages (Journal d'Aran et d'autres lieux), des perles égrenées en poèmes (Le dehors et le dedans), un hommage aux pérégrins de Suisse (L'échappée belle, éloge de quelques pérégrins), et des choix d'images qui deviendront de merveilleux albums (Le hibou et la baleine).

Voyageur, écrivain, poète, essayiste, iconographe, Nicolas Bouvier était aussi photographe. Pour lui, la photographie était une "autre façon de raconter", plus immédiatement perceptible. Sa curiosité, son empathie et sa volonté de conjurer "la surdité au monde" donnent à ses images une sincérité essentielle, loin de ce "souci de l'effet" que Claude Levi-Strauss reprochait déjà à la photographie de voyage dans Tristes tropiques. Scènes de genre, chevaux, artisans, fumeurs d'opium, paysages… Les photographies de Nicolas Bouvier se présentent à nous comme une très belle invitation au voyage.

L'exposition présentée au Grand Jardin propose une centaine de photographies de Nicolas Bouvier, pour la plupart inédites, issues des fonds du Musée de l’Elysée de Lausanne. Des interviews de Nicolas Bouvier viennent compléter cette présentation.

C'est le voyage, le " vivre ailleurs ", la précarité d'une vie longtemps itinérante qui m'ont conduit à murmurer des histoires, tout comme une bouilloire posée sur la braise se met à chantonner.

Nicolas Bouvier "Routes et déroutes. Réflexions sur l'espace et l'écriture